LUI
Je me réveille toujours avant elle. Ce n’est pas volontaire. Mon corps sait que le silence est plus dense, plus vivant, avant qu’elle n’ouvre les yeux. J’aime ce moment. J’écoute la respiration régulière à côté de moi, j’essaie d’en suivre le rythme, de ne pas le rompre. Il y a ce pli au coin de sa lèvre, comme une énigme qui ne se résout jamais. Je pourrais rester là des heures, à attendre que la lumière filtre par les stores.
Je me lève sans bruit. Le sol est froid, mes pieds s’y accrochent comme pour vérifier que je suis bien réveillé. Dans la cuisine, les lumières artificielles sont encore en veille, un bleu qui ne ressemble à rien. Je lance le café, le bruit de l’eau qui circule, la vapeur qui s’échappe. Je coupe un fruit synthétique, machinalement, comme chaque matin. Il y a quelque chose de rassurant dans ce geste précis, immuable.
Quand j’entends ses pas derrière moi, je sais déjà comment elle va sourire.
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